Critique 


Revue Critique

Critique n°946 Exposer la nature

à paraître

2026
120 pages
ISBN : 9782707358134
14.50 €

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Depuis les travaux d’Eric Baratay et de Pascal Blanchard sur les parcs zoologiques et les zoos humains en 2010-2011, le regard sur les institutions où la nature s’expose a changé. Le « tournant ontologique » (parfois qualifié de « tournant animaliste ») opéré par l’anthropologie sociale a conduit les ethnographes et les historiens à ne plus analyser seulement la domination des humains sur les animaux mais à essayer de prendre leurs points de vue.

Le parc zoologique est en effet depuis le XIXe siècle l’institution par laquelle s’effectue en plein jour dans l’espace public la coupure anthropologique. Des animaux non-humains ou humains sont montrés à des humains comme des spécimens pour les amuser. La nature est mise en cage pour que la liberté de l’humain s’affirme face à l’animal emprisonné, dans le plaisir trouble que le premier prend à regarder le second. Mais les parcs zoologiques ont eux-mêmes changé en même temps que les attentes du public à leur égard. Ils montrent maintenant les animaux dans leurs « espaces de vie », abolissant leur distance avec les réserves naturelles. Et les musées d’anthropologie eux-mêmes réfléchissent aux opérations par lesquelles s’est effectuée la coupure entre nature et culture dans leurs collections.

Sans doute cette réflexivité sur la nature exposée au public vient-elle d’une conscience nouvelle du fait que la nature est exposée à des dégradations irréversibles à cause de l’activité anthropique, et d’une nouvelle fonction donnée aux parcs zoologiques de conserver des espèces menacées d’extinction. Mais il reste à comprendre comment ces usages des animaux dans les parcs zoologiques et les réserves naturelles comme indicateurs de transformations écologiques à l’échelle planétaire informent le regard du public, à commencer par celui des enfants qui s’émerveillent devant ces animaux. Des ouvrages récents analysent les rencontres entre humains et non-humains dans ces espaces publics où la nature s’expose.

Sommaire :

Nélia DIAS : « Entre conservation et extinction. Collections vivantes, collection du vivant »
Anne LAFONT : « 1933. L’avifaune africaine et le musée colonial »
Aurélie DARBOURET : « Rencontrer les géants des mers, une enquête liquide et située »
Frédéric KECK : « Quand les animaux s’exposent »
Guillaume BLANC : « De la terre, du pouvoir et des hommes »
Entretien avec Guillaume BLANC : « Parler de nature revient toujours à parler d'humains »
*
Pierre VINCLAIR : « Les possibilités du poème »
Laurent JENNY : « De la photographie à la post-photographie »
Jean-Loup BOURGET : « Les singuliers nocturnes de Wright of Derby »
Thierry HOQUET : « L.D.T. Le langage de Donald Trump »

 

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