Paradoxe


Maxime Decout

Pouvoirs de l'imposture


2018
192 pages
ISBN : 9782707344847
19.00 €


Mentir à un ami, lorgner sur le jeu de son adversaire, bluffer, donner le change, en conter, maquiller son existence, se faire passer pour un autre : la tentation est grande. Nombreux sont ceux qui, dans ce livre, y succomberont pour vous.
Vous y découvrirez que l’imposture est orgueil, folie, maladie mais aussi transgression et bravoure. Telle la singulière révélation de la littérature au sujet des pouvoirs de l’imposture. Vous apprendrez ainsi ce qui lie l’imposteur et l’enquêteur, comment le désir de se travestir et celui de savoir épousent des logiques proches. Vous verrez surtout ce que les œuvres font de cette imposture, comment elles s’y adonnent pour piéger leurs plus méritants lecteurs. En chemin, vous ferez de surprenantes rencontres aux côtés de Poe, James, Borges, Nabokov, Robbe-Grillet, Butor, Perec, Vila-Matas : des psychanalystes trompés ou meurtriers, des joueurs d’échecs névrosés, des puzzles dont les pièces ne s’emboîtent pas, des labyrinthes sans issue, des tricheurs et des beaux parleurs, des Sherlock Holmes qui déraisonnent, mais aussi quelques manuscrits assassins à ne pas mettre entre toutes les mains. Assurément, vous survivrez à toutes ces embûches, mais vous n’en sortirez peut-être pas indemne.

ISBN
PDF : 9782707344861
ePub : 9782707344854

Prix : 13.99 €

En savoir plus

Laurent Lemire, Livres Hebdo, 5 octobre 2018

Tous menteurs

Les écrivains nous mènent en bateau. Maxime Decout dit ce qui se joue derrière cette invitation au voyage.


En 2016, le Cherche Midi publiait à titre posthume un jubilatoire Eloge de l'imposture signé du regretté Pierre Drachline. L'écrivain et éditeur montrait combien ce thème était présent dans nos sociétés où le tout ressemble au rien et où il est si facile de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Moins sarcastique, Maxime Decout (université de Lille) se propose d'en montrer les aspects positifs dans Pouvoirs de l'imposture. Car ce mensonge produit en effet quelques vérités. La première, c'est qu'elle conforte le menteur dans son usurpation.
Les exemples de ce travail d'illusionniste, Maxime Decout les prend dans la littérature, dans La lettre volée de Poe, les procédés de Perec, l'art de l'esquive d'Agatha Christie ou les montages subtils de Borges. Les écrivains nous mènent en bateau, c'est leur principale raison d'être. Mais cette force transgressive n'est pas sans incidence dans la vie quotidienne. Le verbe imponere, qui a donné « imposture », nous rappelle qu'il s'agit d'abuser quelqu'un. La vie quotidienne nous révèle combien cela est facile.
Dans le roman, c'est cette mécanique consentie qui entraîne le lecteur et dénature le commerce du vrai et du faux au profit du plaisir. Il est bien sûr question du roman policier, mais pas seulement. Avec subtilité, Maxime Decout décortique les textes et poursuit son investigation du champ littéraire. Dans Qui a peur de l'imitation ? (Minuit, 2017), il montrait comment les grands auteurs ont répété les anciens sans parfois même en avoir conscience et sans que cela soit un frein à leur originalité. Ici, il révèle comment ils dupent les lecteurs avec leur complicité. « Avec l'imposture, la littérature se détourne donc allègrement et radicalement de la marche du savoir, des méthodes d'investigation routinières, mais aussi d'une certaine bienséance, d'une certaine probité, peut-être même d'une forme de déontologie qu'on lui inflige sans qu'elle ait rien demandé. »
Si les écrivains piègent les lecteurs, c'est le plus souvent pour le bien de ces derniers. Au terme de cette enquête, qui fait le lien entre l'imaginaire et le réel, Maxime Decout offre moins un éloge de l'imposture que de la littérature comme espace inconditionnel de toutes les libertés avec une bravoure presque sans limites.



Lire l'article de Morgane Kieffer "Goût de l'imposture, désir d'enquête : Maxime Decout", Diacritik, 12 octobre 2018




 




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