Romans


Robert Pinget

Cette voix


1975
232 pages
ISBN : 9782707300478
14.85 €


Rien de plus drôle, d'un certain point de vue, que la tragique aventure d'un cerveau qui se détraque.
Quelqu'un parle, quelqu'un ment, quelqu'un s'amuse à mourir à petit feu et à faire mourir son entourage. Qui est l'oncle ? Qui est le neveu ? Qui est la bonne ? Une voix, la même d'un bout à l'autre, malgré la diversité des tons.
Cette voix qui remonte dans le souvenir, rappelle le passé à travers les autres romans de Robert Pinget et particulièrement Le Libera et Passacaille. Mais on retrouve ce village qui existe depuis Graal Flibuste de Sirancy-la-Louve, où s'entrecroisent des personnages familiers, Mortin de L'Inquisitoire et de Autour de Mortin et Madame Moine de Clope au dossier, entre autres.




Bertrand Poirot-Delpech (Le Monde, 28 février 1975)

 En prodigieux écrivain, Pinget n'a pas son pareil pour faire entendre ce que la parole humaine a d'irremplaçable et de consolant, jusque dans son infirmité. Car la fin des vieilles certitudes n'apporte pas que des tourments. Il y a un apaisement à “ n'être plus seul maître de son texte ”. Comme le dit sa Voix, Pinget peut se flatter “ d'avoir pris peine ” à réformer les consciences, préalable à un “ autre chose ”. Il n'a pas renoncé à “ trouver une autre façon de formuler l'informulable ”. Il est prêt à “ reprendre le harnais avec d'autres visées ”. À condition de se savoir mortel et d'accepter le risque suprême de l'anéantissement, tous les espoirs de dépasser les chères vieilles nostalgies sont possibles. Écoutez-le s'exhorter lui-même : “ Tous regrets étouffés tâche acceptée recomposer contre l'angoisse d'où qu'elle vienne ce rêve inoublié pour finalement le laisser bien loin vieux plafond chargé d'oiseaux et de fleurs dans le goût d'autrefois et progresser vers l'inaccessible sans repères sans ratures sans notes d'aucune sorte insaisissable mais là auquel croire sous peine de ne jamais mourir. ” Il n'y a de grande littérature que sans filet. 

 

Du même auteur

Poche « Double »

Livres numériques

Voir aussi

* Samuel Beckett, Cendres, avec La Dernière bande. Traduit de l’anglais par Robert Pinget et l’auteur.
* Samuel Beckett, Tous ceux qui tombent. Traduit de l’anglais par Robert Pinget et l’auteur.

Sur Robert Pinget :
* Revue Critique n°485, octobre 1987, numéro spécial,  Robert Pinget  (Minuit, 1987).




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