Romans


Robert Pinget

Fable


1971
120 pages
ISBN : 9782707316691
13.80 €


Claude Mauriac (Le Figaro, 1971)

« Peu à peu, le récit s’organise, nous en devinons l’architecture, en découvrons les perspectives. Il faut attendre la page 3 pour avoir la confirmation de ce que nous soupçonnions. Miaille – mais ne s’appelle-t-il pas aussi Miette ? – bougonne : “ C’était donc moi qui engendrais des simulacres à ma mesure, je ne serai plus dupe. De deux choses l’une, se dit-il. Ou rien de ce que j’ai vu depuis mon retour (et que nous avons lu) n’a d’existence réelle ou je ne suis pas revenu dans ma maison, je ne suis qu’un témoin supposé, loin de ma carcasse qui se débrouille ailleurs ”. Il ajoute : “ C’est alors la tête qui pourrit. ” Rappel du troisième paragraphe de la première page : “ Il y a des temps de désespoir d’abord qui alternent avec d’autres où l’âme se libère, mais peu à peu l’alternance ne se fait plus et c’est alors la tête qui pourrit. ”
Décomposition d’où était né cet univers désintégré : images parcellaires, moi éclaté. Interprétations. Reconstruction par l’écriture. Unité reconquise. Littérature salvatrice : “ Déplacer les mots, jeu sublime. (...) Il n’était plus dès lors le jouet mais le joueur. ” Et nous jouons avec lui, ayant enfin compris la règle du jeu. Miaille revient du fond de lui-même. De cette maison rêvée qui était lui-même, avec son grenier et ses caves. Et retrouve son identité, son domicile. Il s’appelle Miette. Il habite Agapa où il est antiquaire. Nous l’avons déjà rencontré dans les récits précédents de Robert Pinget, notamment dans L’Inquisitoire. Sirancy-la-Louve, Agapa, Fantoine : géographie imaginaire pour cette comédie humaine moderne qui comporte des centaines de personnages.
La fable, la voici : on l’appelle Miette, mais son nom est Narcisse. Il s’éprend moins de son image qu’il ne cherche à en recoller les morceaux brisés. Nous reconnaissons les lieux en même temps que lui. Le temps est retrouvé. Mais, de nouveau, l’espace disparaît, la chronologie s’évanouit. Futur, passé, chronologie à dissoudre. »


 

Du même auteur

Poche « Double »

Livres numériques

Voir aussi

* Samuel Beckett, Cendres, avec La Dernière bande. Traduit de l’anglais par Robert Pinget et l’auteur.
* Samuel Beckett, Tous ceux qui tombent. Traduit de l’anglais par Robert Pinget et l’auteur.

Sur Robert Pinget :
* Revue Critique n°485, octobre 1987, numéro spécial,  Robert Pinget  (Minuit, 1987).




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